Confiance en eux

Billet original publié le 19/10/2011

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par raconter ma vie … Tous les matins, la demi heure de voiture qui me sépare du bahut me permet d’écouter les nouvelles à la radio avant une journée de cours bien remplie. Sauf que depuis quelques temps, une pub me fait bondir (dans ma tête, je rassure les automobilistes qui empruntent la même route que moi). Et tous les matins ça recommence !
Une société bien connue de soutien scolaire à domicile fait sa promo sur un thème : redonner de la confiance en soi aux élèves qui en manquent …

Je ne vais pas me lancer dans un plaidoyer contre ces sociétés, j’ai moi même pendant une courte période de mes études donné des cours de ce type…

On peut par contre s’interroger sur le fait qu’elles marchent si bien …

Une des réponses est dans ce spot radio ! L’école, le système français ne se préoccupe pas beaucoup de la confiance en soi de chaque élève. Chacun sait pourtant que c’est une clé de voute de la réussite.
On parle beaucoup d’évaluation ces temps-ci … notes ou pas notes ? Compétences ? Dès la maternelle ? … il est une constante (macabre ?) dans notre système, c’est le poids de l’évaluation sélective… probablement la pire de toute, celle qui tombe comme un couperet, qui ne laisse pas de seconde chance*. La pression est partout … sur les élèves, sur les parents. Comme si l’école, les apprentissages se résumaient à ces résultats. Et voilà qu’on parle maintenant de contrat d’objectifs basés en partie sur ces derniers …
Comment avoir confiance en soi quand on est jugé en permanence sur des techniques, des connaissances …

La confiance en soi serait donc réservée aux meilleurs, ceux qui réussissent … On ne devrait même pas se poser ce genre de question, la confiance devrait naître du système proposé… un système où le plaisir d’apprendre serait au centre… Et quand bien même des élèves auraient besoin de ce supplément d’âme, c’est à nous, enseignants de les aider plutôt que de vouloir jouer les pères fouettards ou se rassurer en faisant de l’autoritarisme. J’avoue ne pas comprendre la fierté de certains collègues qui « tiennent leurs classes » parce que les élèves ont peur… ou la gloire de certains à avoir toujours une moyenne de classe en dessous de 10 parce qu’ils sont exigeants… comme si l’exigence résidait dans la dévalorisation.

J’aime voir les élèves prendre plaisir à travailler, à voir les sourires, la joie de vivre et l’enthousiasme face à des découvertes. Parfois il faut des moments studieux, de l’entraînement, de la réflexion mais comment tout cela est-il possible si on inhibe nos élèves ? Je suis conscient que tout cela n’est pas facile et que parfois face à un groupe d’ados déroutant, on cède à la facilité … Mais nous devons tendre vers cet idéal.

La confiance, l’assurance, la curiosité … tous ces éléments de notre métier qui ne sont pas quantifiables par des résultats à court terme mais qui sont capitaux dans le développement d’un individu… et qu’on oublie au profit d’un utopique bourrage de crâne…

Quelques idées personnelles, sans prétention aucune, pour qu’on ne dise plus aux parents en réunion ou sur un bulletin « manque de confiance en lui »

  • Ouvrir les situations d’apprentissages, laisser les idées des élèves s’exprimer, ne pas tracer des chemins qui égarent ceux qui en sortent. Laisser les élèves tracer les leurs !
  • Faire de l’école, du collège un lieu de vie avec des vrais espaces de vie.
  • Prendre le temps de l’accueil le matin.
  • Favoriser l’expression libre, aussi bien orale qu’écrite.
  • En finir avec l’évaluation continuellement sommative et sélective. La remplacer par une évaluation au service des apprentissages dans laquelle l’élève est impliqué.
  • Valoriser les compétences plutôt que la technique pure ou les micro tâches guidées.
  • Développer la pédagogie du projet où chacun trouve sa place dans un travail collaboratif.

Tout ça n’aura aucun effet si nous, de notre côté, gardons une pédagogie verticale, transmissive… Ne soyons plus face aux élèves mais à leur côté pour que la confiance en soi ne soit plus une valeur marchande ou un argument de vente pour une quelconque société. Ayons confiance en eux !

* rattraper une mauvaise note par une bonne note au contrôle suivant ne portant pas sur les mêmes éléments n’entre pas dans ma notion de deuxième chance… ni de progression possible.

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